Le Lys dans la vallée, d’Honoré de Balzac

Le Lys dans la vallée raconte l’histoire de Félix de Vandenesse, jeune échappé de province qui se lance dans la vie parisienne. À l’inverse d’autres figures balzaciennes comme Lucien de Rubempré ou Eugène de Rastignac, Félix est happé hors de Paris sitôt après y être entré, puisqu’il tombe amoureux d’une femme de la province. Ce roman est le récit de cet amour. J’ai adoré ce livre, car on se retrouve plus facilement dans le personnage de Félix, candide, généreux et impulsif, que dans Lucien et Eugène. Lucien est plus faible, Eugène plus cynique, tous deux sont plus ambitieux. Félix veut être heureux. La scène d’ouverture du roman, où il rencontre Madame de Mortsauf, est un passage amoureux remarquable de spontanéité et de...

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Les Misérables, de Victor Hugo

Ce roman est le seul qui m’ait fait pleurer. J’ai mis trois jours à me remettre de la fin, et j’en ai rêvé deux nuits. Aucun autre livre ne m’a autant marquée. Est-il besoin de le résumer ? Peut-on raconter des personnages comme Jean Valjean, Cosette, Fantine et Javert ? Cosette est presque entrée dans le dictionnaire, tant elle représente à la perfection l’enfant martyr. Mais ces personnages ne sont pas des stéréotypes, et c’est pour cette raison qu’ils ont marqué autant de générations de lecteurs. Cosette adulte devient coquette, Javert est un homme profondément droit ; seuls Fantine et Jean Valjean ont le cœur véritablement bon. Ils souffrent pourtant, plus qu’aucun autre personnage des Misérables, et c’est...

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Marmoisan ou l’innocente tromperie, de Mademoiselle L’Héritier

Marmoisan raconte l’histoire de Mulan à la mode européenne du XVIIème siècle. Pour éviter à son père le déshonneur, Léonore prend la place de son frère décédé dans l’armée du roi, et devient Marmoisan, tandis que sa sœur se fait passer pour un valet. J’ai trouvé ce conte drôle et juste à la fois. Les défauts des deux sexes y sont peints avec une fraîcheur intemporelle : dans le camp, toute la gente soldatesque admire Marmoisan, qui se garde si bien des plaisirs de la chair et de la boisson, et manie son épée avec autant de brio que sa langue. A contrario, Marmoisan doit prend garde à ne pas rire trop fort, et à ne pas « témoigner beaucoup de chagrin […] pour du linge mal blanchi et des habits mal pliés […] car ce n’est pas le défaut des hommes d’être si...

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