Orgueil et Préjugés, de Jane Austen

Que dire de cette histoire d’amour connue entre toutes sans répéter ce que d’autres ont déjà écrit ? Une question me semble les résumer toutes. Pourquoi une telle œuvre a-t-elle rencontré pareil succès ? Orgueil et Préjugés réunit de nombreux éléments éculés que les romances actuelles ont usé jusqu’à la corde : un homme riche et arrogant rencontre une femme pauvre mais fièrement indépendante dont la beauté et l’intelligence finissent par le conquérir. Où se situe l’originalité de ce roman ? Il y a plusieurs réponses à cette interrogation. La première me semble contenue dans le genre romanesque lui-même : le roman tel que nous le connaissons, avec son réalisme et ses développements psychologiques, n’est né qu’au XVIIIème...

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La petite souris grise, de la Comtesse de Ségur

J’adore tous les contes de la Comtesse de Ségur : ils donnent à voir un univers original, des personnages attachants et des histoires pleines de rebondissements. Pourquoi, alors, choisir d’écrire sur ce conte plutôt que sur un autre ? Peut-être parce que, de tous ceux que la Comtesse a écrit, c’est celui dont l’héroïne est la moins parfaite. Rosalie est la fille d’un génie. Elle est née pendant un conflit critique entre son père et la fée Détestable : celle-ci a profité d’un moment d’absence pour s’introduire auprès du nourrisson et la doter de tous les défauts possibles. Son père est parvenu à la sauver de justesse… Mais la fée a tout de même eu le temps de lui donner une dévorante curiosité. Le conte est le récit du combat de Rosalie contre cette curiosité....

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Le Lys dans la vallée, d’Honoré de Balzac

Le Lys dans la vallée raconte l’histoire de Félix de Vandenesse, jeune échappé de province qui se lance dans la vie parisienne. À l’inverse d’autres figures balzaciennes comme Lucien de Rubempré ou Eugène de Rastignac, Félix est happé hors de Paris sitôt après y être entré, puisqu’il tombe amoureux d’une femme de la province. Ce roman est le récit de cet amour. J’ai adoré ce livre, car on se retrouve plus facilement dans le personnage de Félix, candide, généreux et impulsif, que dans Lucien et Eugène. Lucien est plus faible, Eugène plus cynique, tous deux sont plus ambitieux. Félix veut être heureux. La scène d’ouverture du roman, où il rencontre Madame de Mortsauf, est un passage amoureux remarquable de spontanéité et de...

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