La Bibliothèque rencontre Thierry de Carbonnières

Le soleil s’est couché sur ce lundi 18 mars 2019 : à peine sortie de Livre Paris 2019, je me rends au Club de lecture des rencontres parisiennes pour participer à un échange qui s’annonce passionnant autour de l’auteur et comédien Thierry de Carbonnières. Diplômé du Conservatoire, j’entends pour la première fois parler de cet acteur, que les passionnés de Plus Belle la Vie connaissent sous le nom de Michel Fournier, professeur de philosophie. S’étant emparé de la plume pour échapper à une carrière devenue monotone, il publie en 2015 Saluts et applaudissements, qui retrace son quotidien au théâtre, bien loin des illusions promises par ses études. Armé d’une ironie à toute épreuve, il prend sa revanche sur les déceptions de la vie et offre à ses lecteurs une immersion dans les coulisses de la scène, qui se poursuit et se transforme avec Ils me reconnaissent, publié en 2018.

Que ce soit à travers ses romans partiellement autobiographiques ou son dernier livre Brèves de métro, qui rapporte des conversations surprises au détour des souterrains parisiens, Thierry de Carbonnières écrit avec passion. L’amour de son désormais double métier se ressent dans cette personnalité chaleureuse et dynamique. Avec 6000 livres vendus en trois ans, c’est l’histoire d’un succès mais aussi d’un combat qu’il partage avec nous. Corriger son roman, trouver un éditeur, participer à des salons et à des conférences à travers toute la France (au mépris des Seychelles), conquérir lecteurs et spectateurs, saisir des opportunités et des contacts, si Thierry de Carbonnières ne recule devant rien, il admet sans détour que le succès littéraire demande du temps. Un temps plus aisément compatible avec les aléas du métier de comédien qu’avec la régularité mathématique du régime salarial des 35 heures.

Corriger son roman, un geste qui peut paraître anodin et fait pourtant toute la différence aux yeux d’un lecteur averti. Thierry de Carbonnières nous rappelle à juste titre que les correcteurs professionnels travaillent avec plusieurs éditeurs : si un texte leur plaît, ils sont susceptibles d’en parler aux maisons qui, jadis, refusèrent notre manuscrit… Bien qu’ayant déjà été corrigée par d’impitoyables lectrices, je pense sérieusement à renvoyer Grandir à des professionnels, si possible bavards et bien entourés. Ce souci de qualité laisse augurer le plus grand bien de Saluts et applaudissements et d’Ils me reconnaissent, dont l’auteur nous lit plusieurs passages au fil de la soirée, tour à tour drôles, tristes ou intrigants. Là où Thierry de Carbonnières part du réel pour en faire une histoire, je songe à Bernard Prou, inspiré par des centres d’intérêts divergents qu’Alexis Vassilkov a permis de relier entre eux. Ces expériences me renvoient à ma propre manière d’écrire : dans La Bibliothèque, je crée un monde de toutes pièces, pour le plaisir d’imaginer, avant d’y glisser des références qui ramènent insidieusement le lecteur vers son quotidien. Selon les plumes, le réel se fait donc tour à tour point de départ ou ligne d’arrivée.

Le plus important, comme le souligne Thierry de Carbonnières, reste l’écriture en elle-même : si elle est essentielle, elle aboutira forcément, se fera livre et rencontrera son public. Il suffit que l’auteur le veuille assez ! Point de vœu pieux derrière ces mots mais une réalité : travail, patience, pugnacité et réseau sont les maîtres mots de l’écrivain. Après avoir échangé ma carte avec la sienne, je vais donc de ce pas demander à Thierry les coordonnées de sa correctrice, lui écrire… Et, en toute logique, ne pas publier cet article, afin que personne d’autre n’ait la même idée ! 😉 Avez-vous lu l’un des livres de Thierry de Carbonnières ? Qu’en avez-vous pensé ?

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